Il existe une image d’Épinal très néfaste de l’entrepreneur : celle de l’entrepreneur révolutionnaire. Certes, l’entrepreneur doit accepter de modifier ses habitudes en fonction de l’évolution du marché et des techniques. Il doit chercher à proposer des solutions nouvelles et sans cesse se réinventer.

Malgré cette évidence, il faut tout faire pour ne pas céder à la tentation de trouver l’idée géniale et révolutionnaire qui bouleversera les habitudes des consommateurs, voire le monde tout entier ! Ne serait-ce que pour la simple et bonne raison que les clients, dans leur majorité, n’aiment pas être « bouleversés ».

En fait, une idée géniale, c’est moins une idée « révolutionnaire » qu’une idée qui sait rencontrer un besoin important et non satisfait jusqu’à présent.

En France, les pouvoirs publics ont contribué à répandre cette image d’Épinal de l’entrepreneur-révolutionnaire en soutenant massivement l’activité des start-ups et en laissant entendre que ces dernières pouvaient assurer le renouveau de l’économie française. La presse aussi a sa part de responsabilité, en mettant fréquemment en avant les success-stories de start-up particulièrement disruptives, nourrissant les fantasmes des aspirants entrepreneurs.

De leur côté, les établissements d’enseignement supérieur mettent en avant les diplômés ayant créé leur propre boîte. Ce qui donne lieu à une concurrence statistique féroce entre établissements. Une concurrence basée en partie sur du vide, car l’indicateur le plus important, ce n’est pas le nombre d’entrepreneurs, mais le nombre de projets qui deviennent rentables ou qui franchissent la barre des 5 années d’existence.

Avoir une bonne idée n’est pas forcément synonyme d’innovation radicale

De manière générale, sachez qu’il est très dangereux de se lancer sur un marché très innovant. Il y a de forts risques que votre offre, même si elle vous séduit personnellement, ne rencontre pas son marché et sa demande. Pour un Bic, un Microsoft, un Bouygues, combien d’entrepreneurs géniaux ont perdu toutes leurs économies ? Et combien d’autres attendront toute leur vie qu’un investisseur partage leur vision ? Bref, avoir une idée radicale n’est pas forcément une bonne chose.

D’ailleurs, les innovations technologiques radicales sont davantage du ressort d’entreprises moyennes au sein desquelles les esprits créatifs peuvent s’exprimer librement, bénéficier des ressources suffisantes pour faire avancer une vision et capitaliser sur une expertise métier. Lorsque l’on ne bénéficie ni des ressources, ni des connaissances, mieux vaut se garder de chercher à innover radicalement.

Deux points pour conclure :

  • Vous l’aurez compris, entreprendre suppose de l’inventivité, mais aussi et surtout du pragmatisme et de la lucidité.
  • Pour renforcer votre sens du pragmatisme, nous vous invitons à consulter régulièrement notre site. Vous y trouverez quantités de ressources pour parfaire votre culture économique et entrepreneuriale.